07
Déc
09

Pour signer… une croix, ça ira?

Je suis déjà en train de me dire à quoi bon. M’fait rire ce bon vieux Spinoza déterré par Lordon: toute chose perdure dans son être. Jusqu’à ce qu’elle (la toute chose) rencontre une puissance opposée. Personnellement je la rencontre très vite, pas loin du tout, là, en moi, déjà, hop. Des tonnes de croyances lamentables, une culpabilité originelle qui me coupe les ailes sous les pieds. Uh? L’herbe sous les ailes? Non, laisse tomber. Oui, tomber, justement.

Pourtant, d’une manière ou d’une autre, je perdure. Un des trucs que je crois avoir trouvé en ce moment – oui, les doigts bien dans les yeux… – c’est de limiter les contacts avec l’extérieur. Je veux dire avec mon extérieur. L’extérieur des autres, la vie normale, c’est pas trop dangereux. Je fuis, je fuis les ami(e)s. C’est étrange, mais seul derrière mon écran, ça s’passe encore pas trop mal. Enfin, c’est relatif. Mais que quelqu’un me téléphone pour me proposer de partager une assiette de spaghetti un samedi soir, et voilà que je deviens nerveux, méchant, angoissé. J’en arrive même à mal dormir. A me pourrir le lendemain.

Une semaine le pied sur l’accélérateur. Une autre, la gueule au travers du pare-brise. Juste à moitié, la mâchoire supérieure à l’extérieur, la mâchoire inférieure à l’intérieur, figé.

Parce que ça m’ferait vraiment mal de réussir. J’aurais honte de vivre, de me vivre bien. Je sais, dit comme ça, ça semble un brin étrange. Plus que honte, c’est carrément de la peur. Mes concitoyens haïssent la religion du livre minoritaire, perso je me hais tout seul. Du pareil au même. Putain de culture helvétique. Dire que je ne suis pas même interdit par la Constitution!

Y a carrément des fous qui m’invitent pour un voyage en Inde! Franchement… moi? Non, non, n’insistez pas, d’ailleurs je décrois, j’adore ça : flétrir.

J’écris ça un peu pour me foutre de ma gueule, mais ça n’marche pas fort, ça m’déride pas des masses, parce qu’au fond de moi, j’me parle comme ça, sans rire, c’est pas une caricature. Plutôt un euphémisme.

Alors je fuis. Une journée de vécue, c’est une journée en moins. Je fais des coches. Quand on fuit, en général on fais des conneries, la fuite c’est un peu précipité, pas trop pensé, pas trop sensé. Avec les années, j’ai quand même fait des progrès. Ouais on peut dire ça comme ça. J’adopte peu à peu des techniques de fuite moins onéreuses en dommages collatéraux. Une sorte de guerre moins sale. Je me retire. Je laisse ma part à qui veut bien la prendre (tant pis pour lui, hein…).

J’ai beau le savoir, le voir, c’est plus fort que moi. Dans mon égo, ça fait des lunes et des lunes que je débat de mon identité. Sables mouvants?

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3 Responses to “Pour signer… une croix, ça ira?”


  1. 1 2casa
    08/12/2009 à 22:14

    Alors, le matin, une louche de Benassayag et le soir, avant d’aller au lit, une autre.

    Et hop ! En deux deux, il n’y paraîtra plus 🙂

    Blague à part, je ne donnerai pas de conseil. Juste : pareil, en ce qui me concerne. Pourtant, j’ai pratiqué longtemps le « suicide social » et quoiqu’on puisse en penser dans ces moments là, c’est toujours par les autres qu’on finit par déscotcher.

    Enfin… Je crois.

    Amitiés

    (Kaza Da Westside MotherFucker, Man)

  2. 2 2casa
    09/12/2009 à 11:27

    Quant à la croix pour la signature, il faudrait faire appel à un graphologue parce qu’il me semble que vous avez un homonyme :

    Mwarf 🙂 !

  3. 09/12/2009 à 12:37

    m’demandez pas l’pourquoi du comment (en bilingue dans le texte):


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